Après avoir offert toutes ses lettres de noblesse à la saga Little Nightmares chez Bandai Namco, c’est aux côtés de THQ Nordic que Tarsier Studios nous revient cette semaine pour la sortie de son nouveau jeu : REANIMAL. Et une chose est sûre : ce dernier se veut être la preuve que l’équipe suédoise n’en a pas encore terminé avec les petits cauchemars. Car Little Nightmares 3 a beau avoir vu le jour entre les mains de Supermassive Games il y a quelques mois, cela n’empêche pas les créateurs de la franchise de vouloir continuer à s’illustrer dans le genre d’expérience qui les a propulsés dans la lumière il y a déjà sept ans. Forcément, REANIMAL se présente alors à nous avec une grande question : et si c’était lui, finalement, le véritable Little Nightmares 3 ?

Les mystères de REANIMAL

Car si vous avez joué aux précédents titres de Tarsier, vous le constaterez très vite : on se trouve définitivement en terrain connu avec REANIMAL. Bien sûr, exit les personnages de Six et Mono, qui laissent ici place à deux nouveaux héros dont on ignore l’identité. Tout ce que l’on sait, c’est qu’il s’agit d’un frère et d’une sœur, qui n’hésitent pas à replonger au cœur d’un affreux cauchemar dans l’espoir de porter secours à leurs amis disparus. Mais où sont-ils ? Qui sont-ils ? Et surtout, que se passe-t-il réellement ? Voilà toutes les questions qui se poseront sans doute à vous durant les six heures montre en main que dure l’aventure, en sachant que dans la pure tradition des œuvres du studio, vous n’aurez alors droit à aucune réponse concrète.

REANIMAL
© Gameblog

Oui, comme pour Little Nightmares, REANIMAL se garde bien de trop nous en dire, préférant à la place nous laisser interpréter de la façon dont on le souhaite son univers profondément cryptique. Pourtant, et il s’agit ici d’une petite nouveauté, quelques répliques sont bien prononcées au cours de l’aventure par les personnages. Mais cela n’aide pas vraiment à nous apprendre quoi que ce soit de la situation, même si des pistes de réflexion peuvent sans aucun doute s’en dégager. Quoi qu’il en soit, à défaut de pouvoir compter sur la richesse de son script, REANIMAL mise encore une fois pleinement sur son ambiance, et surtout sur sa mise en scène afin de nous conter le maximum de choses possibles.

La patte Tarsier

Et on retrouve d’ailleurs tout le savoir-faire de Tarsier sur ce point, qui ne manque jamais d’imagination pour nous faire vivre des situations plus cauchemardesques les unes que les autres. L’atmosphère y est dérangeante, morbide, crasseuse même, tandis que l’on traverse une série de lieux déchirés par la pénombre et peuplés de créatures toutes plus hostiles les unes que les autres. Car du voyage, REANIMAL n’en manque pas malgré sa courte durée de vie. Et on peut encore une fois compter sur le style très sombre et épuré de l’équipe suédoise pour nous accompagner dans ce périple, qui enchaîne les tableaux avec un effroyable talent artistique. Un talent que l’on retrouve aussi dans la bande-son, d’un minimalisme assourdissant.

Pourtant, et cela pourrait sembler paradoxal, REANIMAL nous apparaît dans l’ensemble beaucoup moins oppressant que ne pouvaient l’être les deux premiers opus de Little Nightmares. En tout cas pour ce qui concerne les deux premiers tiers. Car après un début d’aventure plutôt réussi, le jeu tend à s’embourber dans un léger ventre mou dont le classicisme de l’approche donne de furieuses impressions de déjà-vu. Heureusement, Tarsier parvient ensuite à se rattraper avec brio via un dernier tiers explosif, qui enchaîne les séquences jouant à merveille la carte de l’horreur psychologique. Des séquences qui, soit dit en passant, confirment alors que les moments d’action du jeu sont de loin ses plus belles réussites en termes de mise en scène.

Une formule qui s’affine

Car l’un des autres aspects à souligner vis-à-vis du nouveau titre de Tarsier, c’est la façon dont il reprend tous les codes de gameplay de Little Nightmares pour les élever à un niveau sensiblement supérieur. Par exemple, nos personnages se veulent ici bien plus habiles, ce qui nous permet entre autres de nous défendre à l’aide d’un pied-de-biche ou de quelques armes improvisées dans certaines situations. Mais le plus intéressant reste assurément la possibilité de prendre le volant de plusieurs véhicules, parmi lesquels une barque, un camion ou encore un tank, dans des phases qui apportent une fraîcheur bienvenue à l’expérience. Tant en termes d’exploration, dans le cas du premier, que d’action dans le cas des deux autres.

REANIMAL
© Gameblog

D’autant plus que peu importe la situation, REANIMAL bénéficie d’une prise en main très agréable, ce qui n’est pas toujours garanti avec ce genre de jeu. Dommage que la caméra, elle, ait en revanche trop souvent tendance à être éloignée de l’action, ce qui peut gêner la lisibilité. Car même si cela renforce le sentiment d’incarner un être minuscule dans un monde gigantesque, il est tout de même préférable d’optimiser la visibilité sur ce qu’on fait. De même, on aurait aimé que les séquences d’exploration et d’action soient entrecoupées par la présence de puzzles, qui auraient permis au jeu de Tarsier d’enrichir son gameplay. Car contrairement à Little Nightmares, où ils étaient assez nombreux, ils brillent malheureusement ici par leur absence.

À défaut de pouvoir se creuser les méninges pour trouver comment progresser, les joueurs pourront néanmoins s’amuser à débusquer les quelques collectibles cachés dans les niveaux, qui nécessitent pour certains d’avoir l’œil très affûté. Mais peut-être cela sera-t-il plus facile avec une paire d’yeux supplémentaire. Car oui, en plus d’être jouable en solo, REANIMAL s’accompagne d’un mode coop (local et en ligne) que nous n’avons toutefois pas eu l’occasion de tester. Cela dit, au vu de la nature de l’expérience, cela ne devrait pas forcément transcender l’aventure d’une quelconque manière. Mais ça reste toujours bon à prendre, d’autant plus quand on sait qu’un Pass Ami sera proposé par Tarsier, à l’instar de Split Fiction l’an dernier.